Construction navale : les premiers pas de la réalité augmentée chez DCNS

Si la technologie n’a pas encore atteint un stade de maturité suffisant, le groupe s’emploie toutefois à expérimenter et à déployer la réalité augmentée dans ses différents sites de production.

Afin de mener à bien des programmes de construction de navires militaires particulièrement complexes. DCNS travaille depuis plus de quinze ans au développement de solutions informatiques innovantes. L’enjeu consiste à optimiser la gestion intégrée de toutes les données et à accroître la précision et la rapidité, tant dans la conception que dans l’exécution des différents projets.

En partenariat avec la plateforme Clarté et le Centre européen de la réalité virtuelle (Cerv), le groupe naval ne cesse d’approfondir ces méthodes. « Depuis 1997 et le début de l’emploi systématique de logiciels de conception assistée par ordinateur pour la réalisation de maquettes numériques, nous avons énormément progressé », confirme Yann Bouju. Responsable des projets réalité virtuelle et réalité augmentée chez DCNS sur la base de travaux engagés par Yves Le Thérisien.

Les technologies associées à la réalité virtuelle sont aujourd’hui bien maîtrisées par le constructeur, qui compte de nombreux équipements fixes mais aussi portables. Parmi les installations, on trouve une salle à écran courbe établie à Lorient, trois salles avec un écran et munie d’un dispositif d’interaction et, enfin, une salle avec trois écrans de type Yview usant également un outil de tracking et opérationnelle depuis l’an dernier à Cherbourg.

« Grâce aux logiciels de vue immersive en 3D, on obtient une profondeur qui permet de mieux aborder la très forte densité matérielle des différents composants d’un navire ou d’un sous-marin, explique Yann Bouju. Nous sommes désormais en mesure d’anticiper la plupart des défauts que les aménagements peuvent induire en phase opérationnelle. Cela permet de limiter considérablement les surcoûts éventuels d’une reconfiguration. À titre d’exemple, la passerelle des Fremm a pu être redessinée afin de faciliter les déplacements et accroître le champ de vision sur l’arrière du navire. »

Technologie visant à mieux comprendre le monde réel par plusieurs types d’effets, la réalité augmentée n’a pas encore atteint un stade de maturité suffisant. DCNS s’emploie toutefois à l’expérimenter et à la déployer sur ses différents sites de production. Un système de projection portatif baptisé Rapace permet de guider les équipes de montage et de contrôler la bonne réalisation des différents travaux. « Une fois configuré et mis en œuvre anneau après anneau, cet outil limite les possibilités d’erreurs tout en faisant gagner du temps », assure Yann Bouju qui voit ainsi s’opérer un changement profond dans les méthodes de production chez DCNS.

Dans un futur proche, des tablettes autrement plus performantes que celles déjà employées dans les ateliers permettraient de visualiser concrètement chaque étape du chantier et de renseigner en temps réel l’état d’avancement du navire en construction.

Bertrand TARDIVEAU

Le Marin (Catamaran VPLP)

Le Marin (Catamaran VPLP)

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