Navexpo – Le navire du futur est à quai

Fréquentation timide mais réel dynamisme, le premier salon à flot pour les navires de travail « made in France » a déjà remporté l’adhésion, stimulé par des innovations toujours plus audacieuses et une conjoncture assez porteuse pour l’ensemble de la navale.

Une centaine d’exposants, dont une douzaine de chantiers et autant d’entreprises venant des quatre coins de l’Europe, des rendez-vous d’affaires par dizaines et une poignée de navires présentés à la démonstration. Sans afficher une dimension étourdissante, l’édition inaugurale de Navexpo n’a pas déçu. « Les principaux acteurs sont présents et les contacts sont intéressants, souvent inédits », ont commenté plusieurs visiteurs (près d’un millier), le 10 mai au premier des trois jours du salon. « Notre objectif initial est atteint. Cet événement s’impose comme un outil commercial pertinent et tout à fait complémentaire de Seawork à Southampton », signale Gildas Bernard, l’organisateur qui prévoit de renouveler le rendez-vous dès l’an prochain en apportant un focus plus important les navires de sécurité. « Dans une ambiance d’affaires conviviale, nous nous adressons en priorité aux entreprises et armements d’Europe du sud et d’Afrique francophone. »

Favorisant depuis une dizaine d’années l’épanouissement d’un pôle de course au large inédit en France, le site de Lorient La Base a servi d’écrin à l’émergence de plusieurs innovations mais aussi d’acteurs souvent méconnus qui échappent aux mailles des grands rendez-vous. Ainsi les participants à Navexpo ont-ils pu découvrir en exclusivité le moteur horsbord diesel 200 ch Oxe chez Dutchworkboats. « Cet engin qui permet de diminuer de 40 % la consommation de carburant par rapport à un hors-bord classique a déjà retenu l’attention de nombreux clients en France », se félicite Rob Voskuil, dirigeant de Dutchworkboats. Alors que la conjoncture semble de nouveau porteuse incitant les armements, en particulier dans un domaine comme la pêche, à renouveler leurs flottes, les constructeurs continuent d’étoffer leur gamme de navires.

NOUVEAUX PROJETS

Chantier naval français implanté depuis 2006 à Dalian en Chine, ODC marine profite d’une solide expérience dans le développement des embarcations à passagers pour proposer désormais des bateaux de servitude allant de 10 à 24 mètres, mais aussi une unité de pêche de 12 mètres.

Toujours dans cette même logique de diversification, et s’appuyant sur son savoir-faire dans la réalisation de navires de surveillance et de servitude, le chantier quimpérois Ufast propose une gamme de nouveaux navires, un catamaran de soutien à l’offshore de 21,50 mètres ainsi qu’un crewboat de 24 mètres. Les nouveaux projets ne manquent pas. Certains sont encore en gestation comme celui développé par Etelium avec Exid et le cabinet d’architecture Perspective design. Il s’agit d’un trimaran en composites de 29 mètres baptisé Code : libellule et destiné à remplir des missions diverses pour l’action de l’État en mer.

D’autres prennent forme comme le quadrimaran dont un prototype, le T9-Prime vient d’être réalisé après plusieurs années d’études par la société Tera4. Ce concept permet d’accroître la stabilité, mais aussi des économies d’énergie de l’ordre de 30 % grâce aux colonnes d’air déplacées sous la plateforme qui limite la résistance des coques. Des applications commerciales sont encore à envisager.

Bateau de récupération de macrodéchets lancé fin 2015, The Collector lancé par le chantier Nil (Navale industrie lorientaise) en lien avec OEuvres vives et MultiOne design fait lui déjà ses preuves sur le bassin de Lorient. « Nous avons de bons contacts pour espérer lancer la fabrication de nouvelles unités sur ce modèle », annonce Erwan Bertic, gérant fondateur de Nil. Même si certains doutent encore de la pérennité de l’événement face à des rendezvous déjà bien établis, comme Itechmer, Navexpo cristallise dès aujourd’hui ce que seront les navires du futur.

Bertrand TARDIVEAU

160513 Le marin

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